04. De la matière à réflexion. Comprendre l’identité
Un regard sur le développement des adolescents
Par Howard Groome
Le défi pour tous ceux qui travaillent avec des jeunes consiste à les aider à découvrir pour eux-mêmes l’identité unique dont Dieu les a dotés.
Qu’est-ce que l’identité ?
Quelle image avez-vous de vous-même ? Celle d’un ami fort et digne de confiance ? D’un partenaire fidèle envers votre mari ou votre femme ? De quelqu’un qui aime les défis ? D’une personne fortement ancrée dans ses convictions ? De quelqu’un d’apprécié ? De quelqu’un qui sait se détendre et prendre du plaisir ? Vous sentez-vous rempli d’assurance en toute situation ou vous sentez-vous parfois mal à l’aise ? Tout ce que nous ressentons vis-à-vis de nous-même constitue notre identité, la signature personnelle unique de la personne que nous pensons être. Cela comprendre nos croyances, nos goûts, nos attitudes envers les autres, notre sens des valeurs et la manière dont nous pensons devoir nous comporter. L’identité peut être positive ou négative. Nous désirons tous avoir une identité positive. Une identité positive nous permet d’être à l’aise avec ce que nous sommes, satisfaits de notre intelligence, de notre corps et de ce qu’ils peuvent accomplir ; c’est ressentir une direction dans notre vie, être accepté par les personnes qui sont importantes pour nous, avoir une foi solide qui nous fait tenir debout face aux difficultés et à l’opposition. Une identité négative nous donne l’impression de ne pas avoir de valeur ou d’importance pour les autres, et peut entraîner d’importants troubles de la santé mentale. L’identité n’est pas une chose dont nous sommes dotés à la naissance, comme la couleur de nos cheveux ou notre taille. Nous façonnons notre identité personnelle à partir de nos expériences quotidiennes. Bien que cela commence dès les premières années de notre vie et continue de façon stratégique tout au long de l’enfance, c’est pendant l’adolescence que certains des aspects les plus importants de notre identité se construisent. Nous conserverons les fondations posées à cette période-là tout au long de notre vie adulte, bien que certains ajustements puissent se faire en fonction de nos diverses expériences de vie. Il est très important que les adolescents développent une identité personnelle positive et saine pendant leur maturation. En tant que chrétiens, nous devons reconnaître que Dieu s’intéresse réellement à tous les aspects de notre être ; il souhaite nous aider à consolider une identité solide et positive (lisez le Psaume 139). Notre identité est souvent le canal par lequel Dieu vient à nous ; elle nous fournit les ressources nécessaires pour rendre notre vie utile à Dieu et à autrui. Ceux qui travaillent avec les jeunes doivent savoir et comprendre de quelle manière se forge l’identité personnelle dans leur culture. Cette compréhension pourra les aider à accompagner les adolescents, afin qu’ils développent un sentiment solide d’identité personnelle. Les étapes du développement de l’identité Les chercheurs des sociétés de l’hémisphère Nord ont identifié les étapes suivantes de la formation de l’identité personnelle. Sont-elles valables pour votre culture ? Quelles sont les similarités et les différences ?· Conformité : Les jeunes enfants acceptent sans les remettre en question les valeurs de leurs parents et la culture dans laquelle ils vivent. Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, cette période de conformité se poursuit dans la puberté et l’âge adulte.
· Dissonance : Au début de l’adolescence, les jeunes prennent conscience des différentes valeurs et modes de comportement possibles. De nos jours, c’est inévitable avec l’impact croissant de la mondialisation des cultures.
· Résistance : Les adolescents sont peu à peu influencés par ces « différentes voix » et commencent à remettre en question les valeurs de leurs parents. Ils expérimentent différentes identités, façonnées par les images qu’ils reçoivent au travers des médias. Ils peuvent avoir des identités multiples, qu’ils adoptent en fonction du groupe auquel ils veulent s’intégrer.
· Immersion : À cette étape, les jeunes peuvent être totalement absorbés par leurs pairs et d’autres modèles. C’est une étape dangereuse. S’ils sont submergés par le groupe et qu’ils perdent leur propre individualité, ils risquent de devenir des pions dans les mains des autres.
· Introspection : Ils commencent à remettre en question les voix qui les influencent et à prendre des décisions pour eux-mêmes, concernant la façon dont ils veulent vivre. Ils se mettent à forger leur propre identité, unique.
· Synergie : Ils choisissent le meilleur des modèles qui les entourent, parmi lesquels celui de leurs parents, et parviennent à établir leur propre ensemble de valeurs et de comportements, motivés par leur satisfaction personnelle, et acquièrent un sentiment d’identité et de bien-être positif.
Ce sentiment d’identité positif comprend les aspects suivants : • Un sentiment d’acceptation et d’appartenance à un groupe culturel et social • Aisance vis-à-vis du sexe opposé et de la sexualité • Aisance vis-à-vis de son corps et de son apparence • Une perception de soi stable, qui comprend le fait d’avoir un rôle et un mode de vie épanouissants • Un sentiment de compétence et de maîtrise de sa vie • La conviction qu’il est possible d’améliorer sa vie • Une personnalité coordonnée et harmonieuse, avec une perspective ancrée dans la foi. L’objectif est de réussir dans tous ces domaines. Un individu peut vivre une vie saine sans réussir dans tous ces domaines, mais s’il y a échec dans la majorité d’entre eux, cela peut engendrer un sentiment d’identité négatif, voire la maladie mentale. Observons cela plus en détail… (voir le Forum Catalyseur en ligne pour la suite de cette section)Le défi Le défi pour tous ceux qui travaillent avec les jeunes consiste à les aider à découvrir pour eux-mêmes l’identité unique dont Dieu les a dotés. La Bible est remplie d’histoires de jeunes qui sont passés par là et qui ont ensuite fait de grandes choses pour Dieu. Dans l‘Ancien Testament, les jeunes comme Joseph ou David ont fini par avoir des vies épanouies après avoir fait des expériences douloureuses pendant leur jeunesse. Dans le Nouveau Testament, Paul (bien qu’il n’était plus adolescent) a dû reconstruire son identité suite à sa rencontre avec Jésus sur la route de Damas. Plus tard, il a pu donner de sages conseils sur la maturation et le développement d’une solide identité personnelle dans la foi à son jeune ami Timothée. Les deux lettres qu’il a écrites à Timothée sont des exemples du genre d’accompagnement que les mentors plus âgés peuvent offrir, dans le cadre d’un rôle pastoral. Elles contiennent des principes intemporels, à la fois pour les jeunes qui mûrissent et pour ceux qui travaillent avec eux.
De votre point de vue culturel, comment réagissez-vous aux propos d’Howard Groome sur le « développement de l’identité » et les défis que cela représente pour ceux qui travaillent avec les jeunes ?
